Un dimanche au Mas Sibert

C’est un dimanche qui commence comme un autre. Des amis m’ont parlé d’un événement organisé par le Mas Sibert à Fos, dans l’Hérault, à 2 pas de chez nous, tous les dimanches de l’été : les propriétaires allument le four à bois et en font profiter tout le monde. Ils proposent des pizzas (que nous avons pris soin de réserver), des pains (au levain, farine bio) mais cuisent aussi tout ce qu’on vous voudra bien leur amener. Comme le dit si bien Simon Bertschinger : « de toute façon le four est chaud… »

Pizza à la sortie du four à bois du Mas Sibert (Fos, Hérault)

Pizza à la sortie du four à bois du Mas Sibert (Fos, Hérault)

À notre arrivée les tables sont déjà installées, les parasols aussi (et pour une fois cet été nous en aurons besoin), chacun déballe son pique-nique et va chercher un verre ou une bouteille de vin pour arroser tout ça. Nous attaquons avec quelques olives Lucques locales (en attente d’appellation) et une saucisse sèche, accompagnées d’une bouteille de rosé du domaine (aramon et sangiovese pour une couleur soutenue et un rosé plaisant avec un léger sucre résiduel).

Gamme des vins du Mas Sibert à Fos, Hérault - cuvée Saramon, Armélot, Fosénot et Soléno

Sur seulement 2 hectares de vignes (située entre Roujan et Alignan-du-vent, sur l’aire de l’IGP Côtes de Thongue), le domaine Mas Sibert propose 4 cuvées, un rosé et 3 rouges : l’Armélot (dominante merlot, élevé en cuve), le Fosénot (60% syrah, 20% sangiovese, 10% merlot, 10% petit verdot, élevé en cuve) et le Soléno (40% merlot, 40% petit verdot et 20% syrah, élevé en barriques de plus de 3 vins, ou renovées).

Préparation du pain au Mas Sibert

Le temps se couvre alors que nous terminons les pizzas et qu’il va être temps d’enfourner les pains préparés par Sara. Une grosse averse s’annonce, nous rangeons rapidement les tables et les bancs, avant de nous retrouver dans le caveau autour d’une bouteille de Fosénot 2012, la deuxième cuvée du Mas Sibert en rouge. Je suis relativement déçu par cette bouteille : c’est bon, mais cela ressemble à pas mal de syrahs assez modernes que j’ai eu l’occasion de goûter, et ce vin manque donc sérieusement de caractère à mon goût, surtout pour un vin naturel.

Pains dans le four à bois du Mas Sibert à Fos, Hérault

Dans la foulée, Simon vient de finir d’enfourner les pains alors que la pluie se calme et m’annonce « bon, il va être temps de boire quelque chose, tu ne crois pas ? Tous les ans je fais une petite mise sans soufre, pour comparer, on va goûter ça ! » Et joignant le geste à la parole, il ouvre donc le même Fosénot 2012, mais un petit autocollant sur le col de la bouteille indique la différence avec la cuvée classique.

Mas Sibert cuvée Fosénot, avec et sans soufre

Je ne mâcherai pas mes mots : cette dégustation fut une révélation. La même cuvée, sans soufre, renardait un peu au départ, avant de se montrer beaucoup plus expressive et complexe que sa jumelle soufrée (pourtant légèrement). Difficile pourtant de mettre précisément le doigt sur la différence (gustativement parlant, en tout cas) mais le seul mot qui me soit venu à l’esprit pour la décrire est que le 2è vin était tout simplement plus… vivant. Il semblait vibrer et avoir beaucoup plus de choses à raconter. C’était vraiment flagrant.

Portrait Simon Bertschinger du domaine Mas Siber à Fos (Hérault)

J’avais déjà fait ce genre de comparaisons, mais jamais la différence ne fut aussi importante à mes yeux (et surtout à mon nez et à mon palais). Pourquoi, alors, ne pas faire qu’une seule mise, sans soufre ? Parce que ce vin part à l’export et que Simon a déjà connu quelques soucis. Un vin naturel, sans soufre, non protégé, doit faire l’objet de bien plus d’attentions… mais c’est malheureusement rarement le cas. Il reste bien entendu possible de venir le boire sur place, mais je me doute que la plupart d’entre vous ne trouveront pas cette solution très pratique. Diffuser un vin, en l’anesthésiant avant, ou garder un circuit court, en admettant même que cela soit possible ? C’est la dure réalité à laquelle tout vigneron doit faire face, ne sachant jamais comment ses bouteilles seront traitées une fois qu’elles ont quitté la cave…

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