Triennes

Les vignerons bourguignons n’hésitent pas (ou du moins, plus) à sortir de leurs frontières pour s’installer dans d’autres régions. C’est le cas notamment d’Anne Gros et Jean-Paul Tollot qui se sont lancés depuis 2008 dans le Minervois, et ce sans renoncer à leurs propres domaines historiques. J’ai pu aller à leur rencontre lors de la dernière édition de Vinisud. Parmi les vins de la gamme, une cuvée a particulièrement retenue mon attention : La Ciaude, lieu-dit où se trouvent des vignes de syrah, grenache et carignan (dont certains centenaires). Le vin reflète la parfaite harmonie de ces trois cépages sur cette parcelle. Représentatif de son origine, avec tout ce qu’il faut de finesse et de longueur, reste son prix : autour de 18-20 euros. Probablement le prix à payer pour une très belle cuvée d’un Languedoc qui cherche à se positionner sur du haut de gamme.

Anne Gros Jean-Paul Tollot Minervois Cuvée La Ciaude 2012 Languedoc

Durant mon passage à Vinisud, j’en ai profité pour aller dire bonjour à Jeremy Seysses du Domaine Dujac (Morey-Saint-Denis). J’ai ainsi pu découvrir le stand (et surtout les vins) du Domaine Triennes, situé à côté d’Aix-en-Provence. L’approche est bio (certifiée) aussi bien en Bourgogne qu’en Provence, mais avec une légère différence d’échelle tout de même, avec trois fois plus de surface dans le sud (46 hectares). Le domaine créé en 1989 reste clairement encore dans l’ombre de son frère septentrional. À tort, d’ailleurs, si j’en crois la qualité des vins de la gamme.

Jeremy Seysses - Domaines Dujac (Morey-Saint-Denis) et Triennes (Aix-en-Provence)

Jeremy Seysses dans les caves du Domaine Dujac (avec l’auréole de circonstance !)

Pour commencer, l’inévitable (incontournable ?) Rosé Triennes 2013 (en Provence, ce serait bête de s’en priver), assemblage de cinsault (principalement), grenache, syrah et merlot. Un rosé à l’aromatique éclatante, très expressif, aux arômes de pamplemousse (c’est comme Maxwell Qualité Filtre : même pas la peine d’en rajouter !) et qui a déjà du s’assagir un peu dans les derniers mois. Pour 7 euros, non seulement il n’y a rien à redire, mais c’est même un très bon rapport qualité-prix.

À suivre, deux vins blancs : un assemblage viognier, rolle et chardonnay (à parts égales), la cuvée Les Auréliens ; et un 100% viognier, la cuvée Sainte Fleur.

Les Auréliens blanc 2012 (9 euros) combine maturité et fraîcheur, la présence du chardonnay liant les deux autres cépages et fonctionnant en retrait comme un exhausteur de goût. Une cuvée volontairement d’assemblage et d’un caractère provençal affirmé.

Parti pris très différent pour la cuvée Saint Fleur 2012 (11,20 euros), mono-cépage élevé 100% en cuve, pour une expression riche et minérale du viognier. On se croirait largement plus au nord.

Et pour terminer, 2 rouges : un assemblage cabernet sauvignon-syrah, la déclinaison en rouge de la cuvée Les Auréliens ; et un assemblage des meilleurs vins de syrah, sabernet sauvignon et merlot, la cuvée Saint Auguste.

Les Auréliens rouge 2011 (9 euros) présente un bel équilibre, même si l’aromatique est encore dominé par le cabernet sauvignon. L’élevage d’un an en fûts est bien intégré, pour un vin de garde relativement courte.

La cuvée Saint Auguste 2010 (11,20 euros) offre plus de richesse et de concentration, tout en gardant un bel équilibre et une acidité marquée (salvatrice pour la région). Il semble étonnamment plus près à boire que Les Auréliens, même s’il semble paradoxalement plus prometteur pour le futur.

L’impression d’ensemble de la gamme du Domaine Triennes est très positive, avec des vins privilégiant la buvabilité et des prix plus que raisonnables.

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