Rhône Trip #7 – À Grignan, ça redémarre…

2 blogueurs, une 2 CV rouge et blanche, 3 jours le long de la mythique Nationale 7, 300 kms de Lyon à Avignon, 35˚ à l’ombre, beaucoup de belles rencontres et plus de 50 vins dégustés : c’est le Rhône Trip de Guillaume et David, à suivre tout l’été sur vins-rhône.com !

Rhône Trip Etape 7

La Vallée du Rhône, pour ce qui est du vin, est coupée en deux. David et moi avons beaucoup parlé du nord dans les billets précédents, il est donc plus que temps d’en arriver au sud. Et c’est justement ce sud que nous découvrons après avoir laissé les nougats de Montélimar derrière nous : dans la Drôme provençale plus précisément, où l’influence méridionale se fait sentir, où l’olivier apparaît et où les champs de lavande commencent à côtoyer les vignes…

Grignan : Vignes et Lavande

L’objectif de notre journée est la découverte de l’appellation Grignan-les-Adhémar. Tous les éléments que nous cherchions à rassembler lors de notre périple vont être de la partie : le vin, bien entendu ; la gastronomie, omniprésente, entre nougat de Montélimar, olives de Nyons et truffe noire Tuber melanosporum (appellation Truffe du Tricastin depuis 1978) ; l’histoire, avec la lignée des Adhémar, qui a dominé la politique locale il y a plus de 1000 ans, et l’origine gauloise du nom Tricastin ; et enfin la culture avec les nombreux vestiges de l’architecture romane ou encore l’université du vin de Suze-la-Rousse.

Premier arrêt le long de la Nationale 7 pour aller déguster les vins du domaine Aubert, une propriété de grande taille dont le caveau est ouvert 7 jours sur 7 (cela tombe bien puisque l’histoire se déroule un dimanche). L’accueil est sympathique, les vins sont de facture classique, à mille lieux des préoccupations habituelles de blogueurs comme David et moi, mais certainement plus en phase avec l’attente des touristes qui viennent découvrir la large gamme des vins de la région. Comme toute dégustation, celle-ci réserve cependant quelques surprises, comme ce Fleur d’Automne 2013, viognier surmûri (interdiction totale de parler de vendanges tardives puisque cela ne rentre pas dans le cadre des appellations locales).

Fleur d'automne 2013, Viognier surmûri, domaine Aubert

Nous continuons jusqu’au domaine Bonetto-Fabrol, au pied du village de La Garde-Adhémar, où nous sommes accueillis par un verre de rosé aussi délicieux que salvateur. La climatisation de la 2CV (aussi connue de sous le nom de « demi-fenêtre ouverte ») commençait à atteindre ses limites ! Morgane, la dynamique chargée de communication de l’appellation, et Philippe Fabrol nous prennent en main pour une rapide visite du domaine, qui compte 9 hectares en biodynamie.

Vin rosé domaine Bonetto-Fabrol, AOP Grignan-les-Adhémar

Domaine Bonetto-Fabrol avec notre 2cv

Ils nous emmènent au Val des Nymphes, un lieu magique et serein. Une superbe chapelle datant du XIIè siècle est le dernier vestige du prieuré du même nom, qui tomba en désuétude dès le XIVè siècle quand les moines eux-mêmes partirent s’installer à La Garde-Adhémar. Dernière survivante des 4 églises ayant été érigées dans ce lieu, elle offre un exemple parfait de l’art roman provençal.

Chapelle du Val des Nymphes, La Garde-Adhémar

Deux cuvees du domaine Bonetto-Fabrol

Dégustation de produits du terroir au Val des Nymphes, vin du domaine Bonetto-Fabrol, AOP Grignan-les-Adhémar

Nous en profitons pour déguster quelques cuvées du domaine, en rouge, autour de divers produits du terroir (pélardons, charcuteries, fougasses…) La cuvée Héritage (blanc) nous rappelle avec sa composition (100% viognier) que nous nous trouvons tout au nord de la partie méridionale de la Vallée du Rhône. Dans les rouges, le grenache est bien sûr présent mais la syrah n’a pas encore dit son dernier mot, et l’assemblage des deux cépages est classique. Même si mon goût personnel a tendance à me faire préférer la cuvée Héritage (rouge), 100% syrah, la cuvée Vieilles Vignes (50% grenache 50% syrah) retient aussi mon attention. En effet l’élevage à moitié en barrique et à moitié en cuve lui permet de développer de la complexité tout en préservant de la fraîcheur. Je recommande chaudement tous les vins du domaine, qui se sont présentés sous leur meilleur jour. De plus la rencontre avec Philippe Fabrol est riche d’enseignements, je vous invite à lui rendre visite si vous passez dans les environs !

Dégustation de différentes cuvées de l'AOP Grignan-les-Adhémar

Nous nous intéressons aussi à d’autres producteurs de l’appellation Grignan-les-Adhémar, comme le domaine Rozel avec sa cuvée Insouciance ou les cuvée Vieilles Vignes du domaine de Grangeneuve ou du domaine de Montine. Le niveau d’ensemble est élevé, dans une appellation qui semble trouver un second souffle après son changement de nom. Elle était en effet auparavant connue sous le nom de Coteaux du Tricastin. Le nom de la région semblait lié à la ville de Saint-Paul-les-Trois-Châteaux, avant que l’on ne s’aperçoive que les Tricastini étaient en fait une tribu gaulaise dont la capitale était Augusta Tricastinorum, en Gaule Narbonnaise (qui recouvre, comme son nom ne l’indique pas forcément, les régions actuelles du Languedoc-Roussillon et de Provence-Côte-d’Azur). Je ne sais pas vous, mais si j’étais membre d’une tribu gauloise, je prendrais un peu mal qu’on donne mon nom à une centrale nucléaire… sic transit gloria mundi.

Ceci dit me fournit la transition parfaite pour le prochain billet, dont le sujet sera la présence romaine dans la Vallée du Rhône. Dans deux semaines cependant, puisque vous retrouverez la semaine prochaine David avec le récit d’une belle soirée !

3 thoughts on “Rhône Trip #7 – À Grignan, ça redémarre…”

  1. mike dit :

    Bonjour,
    Je lis sur votre blog: Fleur d’Automne 2013, viognier surmûri (interdiction totale de parler de vendanges tardives puisque cela ne rentre pas dans le cadre des appellations locales).Qu’entendez vous par là. Rien n’empêcherait le vigneron de faire un vin de table (SIG) ou de pays (??? IGP) de faire leur moëlleux avec le cépage de son choix.

  2. Bonjour Mike,

    c’est tout à fait juste et c’est d’ailleurs ce qu’a choisi de faire ce domaine en déclarant ce vin en IGP (Indication Géographique Protégée) Méditerranée (anciennement Vin de Pays de la Méditerranée, comme sur l’étiquette prise en photo), au cahier des charges plus permissif.

    Cependant la mention « Vendanges Tardives » n’est autorisée en France que dans 3 appellations : Alsace, Jurançon et Gaillac — avec à chaque fois un cahier de charges précis. C’est pourquoi le domaine Aubert utilise plutôt la mention « Vins de raisins surmûris », et c’était le sens de ma remarque.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *