Rhône Trip #5 – Ah ! la syrah, la syrah, la syrah…

2 blogueurs, une 2 CV rouge et blanche, 3 jours le long de la mythique Nationale 7, 300 kms de Lyon à Avignon, 35˚ à l’ombre, beaucoup de belles rencontres et plus de 50 vins dégustés : c’est le Rhône Trip de Guillaume et David, à suivre tout l’été sur vins-rhône.com !

Rhone Trip Etape 5

Il y a peu de distance de Tain-l’Hermitage à Cornas, à peine quinze kilomètres, et ce n’était pas forcément l’envie qui nous manquait d’aller nous frotter aux pentes de cette appellation… mais il faut parfois savoir raison garder, et c’est d’autant plus simple quand on se retrouve au volant d’une 2 CV. Fier destrier, certes, mais dont il convient tout de même d’apprécier les limites ! C’est donc plus sagement à Tournon que nous avons retrouvé Laurent Courbis pour une soirée en sa compagnie.

Je vous ai déjà parlé de Cornas, mais c’est aussi une occasion de me remémorer ma découverte de cette appellation, qui s’est faite en plusieurs étapes. Tout d’abord de « vieux » millésimes du domaine Clape (quand je dis « vieux », j’entends des millésimes des années 90 bus entre 10 et 15 d’âge), puis quelques vins de Thierry Allemand. Il faut savoir que l’appellation Cornas possède bien des visages, et que j’avais donc débuté par les styles que je qualifierais de rustique et de sauvage.

Cornas domaine Colombo cuvée Ruchets 2006

J’ai donc longtemps gardé cette image en tête, avant de m’apercevoir qu’il y avait aussi des producteurs proposant des styles modernes, natures et plus si affinités. J’ai pu le confirmer lors d’une rencontre avec Laure Colombo et ses merveilleux Ruchets 2006 et 2007. Ces bouteilles, bues autour d’un bon repas, ont su émerveiller à la fois mon intellect et mes papilles, tout en rappelant la nécessité de ne boire ces vins qu’après au moins 5 ans de vieillissement, et si possible plus encore. Les grandes appellations du Rhône nord nous invitent décidément à faire un éloge de la patience…

La vue sur les vignes depuis le sommet de l'appellation Cornas

Toujours est-il que ces expressions multiples de la syrah sont justement ce qui me fascine à Cornas, et expliquent en large partie pourquoi j’aime tellement ce cépage. Il est à peine croyable que sur l’aire d’une appellation aussi petite que Cornas (seulement 110 hectares plantés environ) il soit possible de créer autant de variations sur un même thème !

Étant repassé sur la rive droite du Rhône, on trouvera à Cornas des terroirs principalement sur le granit, avec de fortes pentes (sauf évidemment sur le plateau dominant l’aire d’appellation ou en bas de coteau, sur des terres plus alluvionnaires). Les paysages me rappellent ceux du Douro ou du Piémont, notamment lorsque la brume est de la partie. Et un micro-climat, caractérisé notamment par un vent frais, vient équilibrer les fortes chaleurs que l’on peut y ressentir.

Les vignes de l'appellation Cornas en terrasses

Les terrasses et les pentes rendent impossibles toute mécanisation. Et là où par le passé beaucoup se seraient contentés de faire appel à des solutions de chimie pure, un certain nombre de domaines s’engagent (ou continuent) à utiliser des solutions plus naturelles et du travail manuel.

Mais revenons à Laurent Courbis. Notre arrivée à Tournon se fait littéralement sur les chapeaux de roue, et je reprends pour un temps mon surnom de Juste à temps. Le rendez-vous était fixé à 21 heures, il est 20h59, nous sommes laaaaaarges ! À peine un instant pour reprendre nos esprits et nous attaquons de concert l’entrée et un Saint-Joseph blanc.

Saint Joseph domaine Laurent Courbis 2012

Le rythme des vins et des plats reste d’abord soutenu mais mollit sensiblement alors que la soirée progresse, et c’est en prenant tout notre temps que nous savourons le clou du spectacle : une superbe Sabarotte 2006. Il y aurait tant à écrire sur ce vin, mais le plus simple reste tout de même d’en faire l’expérience (oui, bon, un peu de provoc de temps en temps ne peut pas faire de mal). Je pourrais être technique, débiter une liste d’arômes longue comme le bras, mesurer sa finale en caudalies (car dire secondes n’est clairement pas assez pédant pour le monde du vin), parler terroir, vinification, élevage… mais à quoi bon ? Au final, ce qui compte, c’est l’instant vécu, et le souvenir qu’il en reste.

Cornas La Sabarotte 2006 domaine Laurent Courbis

Je repense alors plutôt à la terrasse où nous étions confortablement installés, à la fraîcheur tombant (enfin) sur nos corps rassasiés de soleil et de chaleur, à l’invité de dernière minute (mon comparse ayant eu la riche idée d’oublier son téléphone lors de l’étape précédente !), aux discussions sur le futur du Rhône septentrional, sur la commercialisation des vins, sur l’engouement international. Alors oui ce vin était complexe, soyeux, long en bouche et un merveilleux représentant de cette appellation à la fois un peu trop méconnue à mon goût et ayant du mal à accrocher le wagon des locomotives dont nous avons parlé précédemment. Mais l’essentiel n’était pas là : l’essentiel, c’est que cette Sabarotte 2006 était la bouteille parfaite pour accompagner le moment que nous étions en train de partager…

2 thoughts on “Rhône Trip #5 – Ah ! la syrah, la syrah, la syrah…”

  1. Vicky Wine dit :

    Merci pour ces images, il était temps de faire revenir à mémoire avec ses beaux paysages de Cornas. Je note aussi que le charme de la belle Laure Colombo ne t’a pas laissé indifférent ;). See you soon!

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