Mon premier brassin (1/n) : Matériel et ingrédients

Comme je m’ennuyais un peu cet hiver, j’ai décidé de me mettre à la bière. Enfin, de me mettre à faire de la bière. Voici donc le récit de mon premier brassin. Et comme je sens que ça va être long et que la démonstration ne va pas tenir dans la marge, j’ai préféré utiliser la technique de Twitter dite du 1 sur n : il y aura un nombre encore indéterminé de billets sur ce thème, et celui-ci est le premier…

Avant d’attaquer le vif du sujet, c’est-à-dire la partie où ça fait glouglou (indice : toutes les étapes, de l’empâtage à la dégustation, font glouglou à un moment ou à un autre), avant, donc, il faut parler de matériel. Car même si on peut faire sa bière à l’arrache dans sa cuisine (la preuve dans les paragraphes suivants), il faut quand même un minimum de matos.

Le matériel

Le strict minimum :

  • une marmite (si possible grosse)
  • une passoire
  • un contenant sur lequel on puisse placer un barboteur
  • des ingrédients (malt, houblon, eau, levure)
  • un moulin pour concasser le malt
  • un thermomètre
  • une balance

Je pense qu’il n’y a vraiment pas moyen de faire avec moins que ça, mais en dehors du moulin il s’agit de matériel qu’on peut trouver dans toute cuisine bien équipée.

J’ai donc récupéré une marmite de 17 litres, et une autre de 4 litres (pour l’eau chaude), une passoire Ikea (pas chère, solide, parfaitement adaptée), un seau en plastique alimentaire avec couvercle et barboteur, un moulin à malt, un thermomètre électronique (toujours Ikea, toujours pas cher, toujours solide et toujours parfaitement adapté), et ma bonne vieille balance de cuisine (achetée chez Lidl il y a 6 ans pour ceux et celles qui veulent vraiment tout savoir).

Utilisation du moulin à malt

Utilisation du moulin à malt

En ce qui concerne le seau, le moulin et les ingrédients, je me suis fourni chez Rolling Beers et je les recommande chaudement.

Le malt

Parlons un peu du malt pour commencer. Il est possible de faire de la bière avec de l’extrait de malt houblonné, mais ça revient un peu à faire de la patisserie avec un sachet de trucs en poudre de nos ennemis de l’agro-alimentaire : tu ouvres la boite, tu rajoutes de l’eau, tu fais chauffer, et voilà ! Tu as un truc bien dégueulasse mais tu peux frimer en disant que tu l’as fait toi-même. Sinon j’ai vu qu’il y avait une offre sur la Kro au supermarché du coin, ça peut le faire aussi.

Non, soyons sérieux cinq minutes (et après on peut recommencer à déconner), je ne vois pas l’intérêt de ce genre d’approche. Ça serait comme de faire de la mécanique sans mettre les mains dans le cambouis. Franchement, à quoi bon ? Comme le disait si bien Yoda : fais-le ou ne le fais pas, mais ne fais pas semblant.

Comparaison de 2 malts : à gauche un malt "roux" (EBC 150), à droite du Pale Ale (EBC 8).

Comparaison de 2 malts : à gauche un malt « roux » (EBC 150), à droite du Pale Ale (EBC 8)

Donc en gros faut utiliser du vrai malt, en grains, sinon ça ne vaut pas le coup. Et là forcément il faut le moudre, d’où le moulin, qui fonctionne par ailleurs parfaitement bien. J’ai pris un assortiment de malts pour commencer. Selon le temps de chauffe ils ont une couleur et une aromatique différentes, codifiées en unité EBC. Cela commence avec un indice de 2 pour le « Pilsner », 8 pour le « Pale Ale » puis on passe rapidement à 45 environ (doré, bière d’abbaye), 150 (bière rousse) et même 300-400 (bière brune). Sachant qu’on met toujours environ 80% de malts basiques (EBC < 10), j'ai effectué mes achats en conséquence.

Sac de malt type Pale Ale

La levure

Autre point difficile : la levure. Contrairement aux vins, utiliser une levure indigène ne semble pas être une solution envisageable. Il faut dire aussi que la matière première n’étant pas fraîche (contrairement au raisin), elle ne porte pas avec elle les levures nécessaires à la fermentation. Et utiliser celles présentes dans l’atmosphère ne semble pas donner de bons résultats. Je vais essayer quand même, mais pas pour une première fois.

Globalement il existe 3 grandes catégories de bière : d’un côté les lambics (levures sauvages du type brettanomyces bruxellensis ou lambicus, je vous laisse deviner dans quelle région du monde elles sont principalement produites) et de l’autre les ales et les pils, ou lagers (levures sélectionnées du type saccharomyces).

Les ales (bières anglaises, trappistes ou de garde) sont produites à partir de saccharomyces cerevisiae (tiens donc, la même famille de levures que pour le vin, ça me donne quelques idées !), et sont des bières de fermentation haute (température de fermentation autour de 20ºC et levures qui remontent à la surface) ; tandis que pour les pils et lagers (en gros ce à quoi on pense spontanément quand on parle de bière blonde) il s’agit de saccharomyces carlsbergensis (tiens donc bis) et d’une fermentation dite basse (température de fermentation inférieure à 12ºC et levures qui se déposent au fond).

Levure pour bière belge

Cette longue introduction pour vous dire que pour mon premier brassin, je me suis dirigé vers le brassage d’une bière rousse, de garde, avec une levure adaptée à la production de bière belge. Je parlerai des houblons au prochain numéro, lorsque je vous décrirai le processus !

2 thoughts on “Mon premier brassin (1/n) : Matériel et ingrédients”

  1. Antoine dit :

    Cool ! J’attends impatiemment la suite, je comptais m’y mettre au printemps.

  2. Oui il ne faut pas hésiter à s’y mettre, ce n’est vraiment pas très compliqué. Au final le facteur limitant c’est surtout de trouver une assez grosse marmite, car au-dessus de 10 litres c’est assez rare et onéreux…

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