À la découverte du Rhône #2

La dégustation des vins du Rhône proprement dite comptait 8 vins. C’est le nombre juste pour tenir la contrainte horaire de 2 heures (présentation comprise) et garder l’attention des participants. Nous nous étions procuré 2 vins du Rhône sud, gracieusement offerts : un vin à dominante grenache et un blanc d’assemblage (grenache blanc et clairette). Du côté du Rhône Nord j’ai fait appel à la générosité de Julien et Emmanuelle Montagnon du Domaine Lombard à Livron. Paradoxalement alors qu’ils ont pour objectif de redynamiser l’appellation Brézème (qui pour l’instant se contente d’être une exception auprès de l’INAO), nous avons plutôt choisi de déguster le reste de leur gamme. En plus de leurs Brézèmes (dont mon comparse David vous parlait dans ce joli billet) et de leur vins de pays, Julien et Emmanuelle se sont en effet lancés dans l’aventure du négoce avec notamment des Crozes-Hermitage et des Hermitage dans les 2 couleurs.

Château des Tours Côtes du Rhône 2010

Domaine de Cabasse Séguret Garnacho

Les deux vins du Rhône Sud ont parfaitement rempli leur objectif : représentatifs de leur région, ils nous ont permis de discuter des différences subtiles mais essentielles des équilibres (notamment alcool-acidité-tannins) par rapport aux mêmes assemblages dans le Languedoc.

Viognier IGP Drôme Lombard 2013

Nous avons enchainé sur 2 vins de pays pour fixer les idées dans le Rhône Nord, tous les deux du Domaine Lombard : une syrah (La Côte 2012) et un viognier (Viognier 2013). L’idée était de montrer la spécificité de ces deux cépages dans cette région, et de les comparer avec leurs expressions plus méridionales. Je pense que la syrah en particulier a surpris par sa vivacité et sa fraîcheur. Plutôt habitués aux syrahs languedociens, certains m’ont avoué « ne pas reconnaître la syrah ». Je n’ai pas résisté à l’envie de leur signaler que c’était peut-être le contraire… tant pour moi les syrahs du rhône septentrional restent l’expression de référence de ce cépage.

Crozes-Hermitage Rouge Maison Lombard 2012

Le duo de Crozes-Hermitages a renforcé le principe de l’appellation : on dépasse ici largement le principe du vin de cépage pour entrer dans une spécificité nette et reconnaissable. Il a été évident pour tout le monde que nous venions de franchir un cran, qui transcende les différences de perception liées au goût personnel. En particulier, le Crozes-Hermitage rouge parvient à conserver l’acidité de La Côte tout en gagnant notablement en matière, en présence et en longueur. Belle démonstration.

Hermitage Blanc Maison Lombard 2012

Hermitage Rouge Maison Lombard 2012

Nous avons terminé avec les deux Hermitages. Malgré leur jeunesse, ils se sont très bien présentés. Sur les conseils d’un camarade sommelier, j’avais pris le soin de les épauler (ce qui revient à ouvrir la bouteille, verser un petit verre et remettre le bouchon) la veille au soir. Je pense que cela leur a été bénéfique. Le blanc en particulier était à la fois sublime et déroutant. Il était la preuve incarnée de ce que j’adore dans les grands blancs : plutôt que d’être simplement « la même chose mais en mieux » comme c’est souvent le cas pour les rouges (et comme cela a été le cas pour le trio La Côte, Crozes-Hermitage, Hermitage), cet Hermitage blanc nous a emmené dans des territoires inconnus propres à cette appellation, et qui n’ont à mon avis rien à voir avec les autres expressions de la marsanne, que ce soit du Rhône ou d’ailleurs. C’est une expérience unique qui valait vraiment le détour, voire le voyage… et je pense pouvoir dire que ce vin a représenté le vin le plus marquant de la séance pour mes camarades.

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