DVR 2013 – 1re partie – Rhône Sud

Directement dans la foulée du Vinocamp Rhône se tenait le salon Découverte des Vins en Vallée du Rhône 2013 (aussi connu sous le nom de #DVR2013, plus commode lorsque l’on se retrouve contraint à 140 caractères). Si je n’avais pas été au courant, j’aurais presque pu penser qu’un génie du marketing était derrière cet improbable enchaînement ! Le lecteur attentif notera que DVR a eu la bonne idée de choisir un nom de domaine proche du mien (on parle de web, là), comme quoi les grands esprits se rencontrent.

Je tiens à préciser d’entrée de jeu, sans plus attendre et avant de rentrer dans le vif du sujet : ceci est ce qu’il convient d’appeler un billet sponso. Oui, vous ne rêvez pas, vos yeux n’ont pas fourché, on m’a bel et bien soudoyé pour écrire ce compte-rendu. Le prix de mon lectorat et de mon influence ? Ce superbe mug anniversaire collector, dont on m’a assuré que je pourrai sans aucun doute en tirer plusieurs milliers d’euros sur eBay d’ici une petite vingtaine d’années (le temps qu’il prenne de la valeur). Mais comme on m’a aussi assuré, en d’autres circonstances, que l’Hermitage 1990 La Chapelle de chez Jaboulet serait prêt à boire de mon vivant… je vois avouer que le doute m’assaille, comme ils disent au Kenya.

Le mug de la discorde

Le mug de la discorde

DVR, organisé par Inter Rhône, se tient une fois tous les deux ans (feignasses !) sur 4 jours (début mars) au Palais des Papes à Avignon (pour la partie Rhône Sud), puis autour de Tain-l’Hermitage et d’Ampuis. Force est de reconnaître qu’Inter Rhône a mis les petits plats dans les grands sur ce coup-là : construire de zéro un palais en pierre de taille, en plein centre-ville d’Avignon, juste pour 2 jours de salon… on peut dire qu’ils n’ont pas de problème de budget ! Par contre Palais des Papes, j’ai pas bien compris, ils ont du prendre un nom au hasard en rapport avec l’actualité brûlante du moment pour faire le buzz. Remarquez, on a eu chaud, à quelques semaines près il s’appelait le Palais Little Kim ou Nabila. Bon timing.

Trêve de plaisanterie, Olivier Legrand m’a révélé l’histoire secrète du lieu : les habitants de la région, connus pour être visionnaires (Nostradamus est né à St-Rémy-de-Provence, ça ne s’invente pas), avaient imaginé dès le XIVe siècle qu’il serait quand même bien pratique pour les générations futures d’avoir un palais des congrès qui en jette. Pas cons les mecs. Mais dans le Rhône Sud (avec un S majuscule) ce genre de galéjade prend vite des proportions : ils partirent avec 2-3 étables mais par un prompt renfort se virent avec la plus grande construction gothique du Moyen-Âge en arrivant… euh… au Pont d’Avignon. Et comme dans le coin on ne fait pas les choses à moitié, ils contruisirent un autre Palais des Papes à Sorgues (tant qu’à faire, on ne va pas s’arrêter en si bon chemin). L’événementiel étant en crise dans les années 1320-1330, les promoteurs immobiliers de l’époque durent se résoudre à sous-louer aux premiers venus, en l’ocurrence de vrais faux papes comme on en fait plus. Je vous passe les vicissitudes des siècles suivants, car tout cela ne nous regarde pas.

Retour au XXIe siècle et à DVR : pour ce qui est d’organiser un salon des vins, le site est vraiment sympathique (encore faut-il avoir de bons mollets); en revanche les architectes se sont un peu plantés sur l’interprétation d’un des quatrains de Nostradamus (pour être tout à fait juste avec eux, celui-ci n’étant pas encore né, il leur fallait deviner ce qu’il allait prédire, ce qui ne simplifiait pas les choses). Je pense en particulier aux célèbres vers :

Libre d’accès icelui tu laisseras
qui en lieu papal se prévaudra
du triple sceau de la septième lettre
libre de toute attache, où il doit être

Bref, en 3G comme en WiFi, ça captait pas !

Bien, après cette longue introduction, parlons un peu de vin. Les 2 premiers jours de DVR étaient consacrés aux appellations méridionales des Côtes-du-Rhône (ou pour faire court : Rhône sud), la star en étant bien évidemment Châteauneuf-du-Pape (ils font une petite fixette sur le Pape, dans le coin, faut pas leur en vouloir). Euh… attendez… peut-être pas, en fait. Je n’ai pas bien compris la raison (lire : cela ne m’intéresse pas le moins du monde), mais le fait est qu’il n’y avait pas de table de dégustation des Chateauneufs, alors que les vins pouvaient quand même être présentés par les domaines. Et évidemment pas de liste des producteurs de cette appellation dans le guide. En résumé, c’était possible de les déguster, mais cela n’avait rien de pratique.

Les 2 tours projettent leur ombre sur Mordor - ah non c'est juste une carte en relief du Mont Ventoux ! (sur le stand du Château Pesquié)

Les 2 tours projettent leur ombre sur Mordor – ah non c’est juste une carte en relief du Mont Ventoux ! (sur le stand du Château Pesquié)

Tout le beau monde du Rhône sud était donc réuni et organisé par appellation, ce qui n’est pas une mince affaire quand chaque domaine produit des vins de 4 ou 5 appellations différentes ! Les stands étaient spartiates (dans le style que j’affectionne), les producteurs avaient l’air détendus, il n’était pas compliqué de trouver un verre ou de l’eau… roulez jeunesse ! Comme souvent dans ces circonstances, j’ai profité de l’occasion pour faire le tour d’une appellation que je connais peu : cette fois-ci, le Ventoux (de l’ascension Hors Catégorie du Tour de France du même nom). J’ai donc goûté, en bon écolier, tous les vins de la table, avant de me rendre au stand de mes préférés. Globalement la dégustation fut hétérogène, avec des styles très variés. On y retrouvait les domaines les plus en vue de l’appellation (le classique St Jean du Barroux; Clos du Trias, dans un style puissant et tannique; le Chêne Bleu, moderne et consensuel) mais aussi beaucoup de belles opportunités à prix plus doux, comme ces 2 cuvées du domaine Aymard.

aymard_ventoux

J’ai passé le reste du temps à ronger mon frein en attendant de me déplacer enfin vers le royaume de la Syrah (à tout seigneur tout honneur), et c’est donc sans surprise que mon coup de coeur fut pour un domaine travaillant admirablement bien ce cépage : le domaine de la Réméjeanne à Sabran (dans le Gard, au nord-est d’Uzès). Difficile de choisir parmi toutes leurs cuvées, car franchement, j’ai tout aimé. Ce jour-là Les Chèvrefeuilles (Côtes-du-Rhône, assemblage à 70% de syrah) et les Églantiers (Côtes-du-Rhône Villages, grenache-syrah-mourvèdre) tiraient leur épingle du jeu. Comme disent les vendeurs de pneus : vaut le détour.

remejeanne_chevrefeuille

[Fin de la 1ère partie]

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