Couleur café…

Suite à un déjeuner parisien un peu tardif, je me retrouve rue Saint-Honoré en quête d’un bon café (et plus prosaïquement d’un endroit où me poser pour travailler un peu–oui ça m’arrive). Je précise que la scène se passe fin juin mais qu’il faut compter avec le décalage horaire inhérent à ce blog, décalage qui peut compter jusqu’à 6 mois au bas mot.

Bref, c’est par l’odeur alléché que j’entre dans une belle échoppe au cadre accueillant et confortable, et que je découvre une carte… face à laquelle j’ai la même réaction que celle d’un néophyte se retrouvant en tête-à-tête avec une carte des vins : d’abord un instant de recul le temps d’appréhender la situation, puis le sentiment d’être complètement perdu. Chaque café est accompagné d’une note de dégustation : de la réglisse par-ci, du citron par-là, et patati et patata.

Alors déjà que pour les vins je ne suis pas grand fan des notes de dégustation, pour le café les choses sont claires dans ma tête : c’est du pipeau total. Le café, ça sent le café, et basta. Je veux bien à la limite qu’il y en ait de plus corsés, de plus amers, de plus acides… Mais la réglisse, excusez-moi, vous repasserez.

Carte Café Verlet - Paris 1er

Comme il me faut pourtant bien faire un choix, ma mémoire décide que j’ai un faible pour les cafés d’Asie du Sud-Est. Plouf plouf : Birmanie.

J’attends. J’attends. J’attends. Le bon café ça prend du temps.

L’expresso arrive enfin, et comme tout ce que je m’apprête à consommer, je le hume. On dirait bien une petite pointe de noisette ? Y en a ! Et y aurait pas de la réglisse, aussi ? Y en a aussi ! Et de la betterave ? Euh… non, pas de betterave. Je bois mon café sans sucre.

En un mot comme en cent : mazette !

Je freine des quatre fers. Ça va, j’ai déjà une passion dispendieuse, pas la peine d’en ajouter une autre. Car non seulement je sais comment ça commence, mais je sais aussi comment ça finit : avec la Rolls Royce des machines à expresso, de l’eau filtrée, le moulin à café de compétition… Stop !

Donc, je savoure. Et je me dis que je vais quand même pas repartir sans ma demi-livre, hein. Quand même. Pas. Bon juste une demi-livre.

Quelle granularité ? Pour une cafetière à piston, siouplait. Dîtes, c’est pas gâcher de préparer du si bon café avec une french press, au moins ? Mais pas du tout, monsieur, c’est d’ailleurs celle qui extrait le plus d’arômes, avec le plus de finesse. Et c’est aussi celle qu’utilisent les professionnels quand ils rendent visite aux producteurs pour acheter leur café. Il ne faut pas croire que l’expresso soit nécessairement le summum. C’est même un peu brutal, comme procédé. Ensuite, cela dépend bien évidemment des cafés, et des goûts de chacun…

Tasse expresso - Café Verlet - Paris 1er

À ce stade de la compétition, je dois vous avouer que je suis assez amoureux de ma french press (qui comme son nom ne l’indique pas a été inventée par un italien, évidemment). Tout d’abord parce que ma cafetière italienne (ou moka) ne marche pas sur mes plaques à induction. Ensuite, parce que ma cafetière à piston fait du café très rapidement, dans une quantité variable (le truc un peu casse-bonbons avec la cafetière italienne dont il faut toute une collection selon le nombre d’invités) et pour un entretien tout à fait adapté à la fée du logis que je suis : un petit passage sous l’eau et c’est reparti pour un tour.

Une cuillère à soupe de café par tasse, puis juste assez d’eau chaude (pas bouillante !) pour mouiller le café et le laisser infuser. Mélanger, enfance de l’art pour un amateur de vin qui fait virevolter le précieux liquide dans un verre plusieurs fois par jour. Compléter délicatement avec la quantité d’eau nécessaire pour que tout le monde en ait (comme vous l’aurez remarqué, faire du café est une science exacte, quelque part entre l’économie et la météorologie). Filtrer, servir. Y a plus simple, mais c’est (beaucoup) plus cher, et souvent moins bon. Y a plus compliqué, mais c’est pas toujours meilleur.

Couverture carte du café Verlet

Voilà, c’était le récit d’une épiphanie, le jour où j’ai eu l’impression d’enfin comprendre le café. Et cela se passait au Café Verlet, sis au 256 rue Saint-Honoré, Paris 1er.

2 thoughts on “Couleur café…”

  1. Et pour nos amis Clermontois : La Brûlerie Saint-Pierre m’a été chaudement recommandée.

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