À Propos

La Légende du Roumégaïre

Dans le pays bitterois, chaque ville ou village à son animal totémique. À Roujan, village où je vis, il s’agit du hérisson. Mais qu’en dit exactement la légende ?

Une première légende raconte que Sainte Marthe, partie à la poursuite de la Tarasque qui semait la terreur dans la Basse Vallée du Rhône, leva une armée de hérissons pour combattre le monstre et protéger le village. Mais la Tarasque ne vint pas et les hérissons furent autorisés à rentrer dans leurs quartiers. Seul l’un d’entre-eux décida de rester au village où il fut nourri et choyé par les habitants qui en firent leur animal fétiche.

Si l’épopée de Sainte Marthe contre la Tarasque se situe dans les années 48 à 68 du début de notre ère, il semble que l’origine de la légende de Roujan soit plus tardive, liée à un survenu autour de l’an Mil dont voici le récit :

Le Consul de Roujan avait offert le gîte et le couvert à un étranger rencontré sur les bords du ruisseau de l’Oum. Or, il s’avéra que cet homme était un espion à la solde de pillards qui écumaient la région. Profitant de son intrusion dans l’enceinte du village, il avait posé toute la journée de nombreuses questions, sur la défense des lieux, sur les rondes des soldats ou encore sur l’armement des villageois.

La nuit venue, furtivement, l’étranger se leva dans le but de quitter le village et de donner le signal à ses comparses qui attendaient l’heure de l’attaque. Malencontreusement, il posa le pied sur un hérisson qui s’était échappé de sa cage. À cette époque, il était de coutume de capturer les hérissons dont la chair constituait un mets de choix !

Le hérisson de Roujan (Roumégaïre)

L’espion se mit donc à crier et à râler (« rouméguer » en occitan, d’où le nom de « roumégaïre »). Ces cris avertirent le consul qui, après avoir constaté que l’homme s’était enfui, alerta ses gardes et mit le village sur le pied de guerre. Ainsi, au petit jour, quand les brigands se présentèrent devant les fortifications, tous les Roujanais étaient présents, l’arme au poing. Les pillards abandonnèrent alors leur projet funeste et s’enfuirent dans la campagne, à la grande joie des villageois.

Ainsi, plus tard, quand le consul contait cette histoire, il disait : «O roumégat et mé sio i lébat !» ce qui signifiait «Il a rouspété et je me suis levé !» Les uns y voyaient une référence à l’étranger, les autres au hérisson. C’est cette dernière version qui perdura au fil des siècles et c’est ainsi que le hérisson, surnommé ici le roumégaïre, devint l’animal totémique du village.

Permis de râler

Habitant de Roujan, je me dois de faire honneur à notre animal totémique, ce qui pourrait se traduire par un permis de râler sans limite de temps ou de lieu !

Ce blog, anciennement connu sous le nom de Découverte Vins, évolue donc en conséquence. Je m’autoriserai même à rouspéter sur d’autres sujets que le vin si le cœur m’en dit… Avec un peu de chance, vous pourrez même y suivre mes aventures d’apprenti vigneron et brasseur.

Vous pouvez me retrouver (et me contacter) via Twitter : @roumegaire

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